Guignol Band

photo : Pascal Fellonneau

Quel type d humain suis-je, si je peux, une fois malade, me servir d’un autre être humain comme d’un réservoir à pièces détachées ? Quel respect puis-je attendre de la société si je me vois moi-même comme un assemblage de pièces utiles ?

Guignol Band est un spectacle, inspiré du genre « grand guignol » en deux parties. Dans la première partie, nous avons adapté une pièce du répertoire « grand-guignol », Le faiseur de monstres, écrite en 1929 par Max Maurey, Charles d’Hellem, et Pol D’estoc dont la presse disait à l’époque :
« Les trouvailles dans l’horrible y sont accumulées avec une sorte de génie. Il y fallait son tour de main pour ne point susciter de résistance chez le spectateur terrifié. »

C’est l’histoire d’un « étrange individu », Brockau, qui fabrique des « phénomènes » : animaux vivants et « transformés » pour faire croire à l’existence de monstres inconnus (monstre marin, taupe géante, canard derviche…).
Par folie et par vengeance, il voudra tenter ses expériences sur une femme séquestrée mais il mourra, victime de ses propres recherches effrayantes.

photo : Pascal Fellonneau

Dans la seconde partie de Guignol Band, le laboratoire expérimental de Brockau se transforme en un « no man’s land » (in)hospitalier. C’est le corps humain dans ses états les plus crus (mort, maladie, nudité…) qui est alors donné à voir aux spectateurs à travers une succession de courtes séquences :

– où l’on voit deux hommes, qui pour voler un cadavre, provoquent une hécatombe ;
– où l’on assiste à la dernière danse d’une jeune femme à qui il ne reste plus que trois poches de sang à vivre ;
– où l’on apprend le bonheur inestimable de pisser normalement grâce aux confidences d’un ancien dialysé ;
– où l’on assiste à la mort d’un électrocardiogramme ;
– où l’on est témoin d’une étrange opération :
une équipe de médecins dépèce entièrement un corps et en récupère les organes.

photo : Pascal Fellonneau

Ecriture
Matthieu Boisset et David Elkaïm

Mise en scène
Matthieu Boisset

Scénographie
Luc Moreau

Son
Philippe Libier

Lumière
Jean-Luc Dias

Distribution
Beatriz Gallizo-Espes
Laurent Machefert
Anne-Sophie Aubin
Antoine Romana

Lieux et dates
Théâtre de La Boite à Jouer. Bordeaux, mai 1997.

Production Dies Irae,
théâtre de la Boîte à Jouer
avec le soutien du Conseil Général de la Gironde et de l’OARA.