Les Quatre Jumelles copi…………

du 8 au 15 décembre 2009 au Ring à Toulouse à 20H30
Relâche le 13
Rens. / Réservations : 05 34 51 34 66

Le spectacle a été créé du 21 au 31 janvier 2009 au Glob Théâtre à Bordeaux
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Presse / Mouvement / Janvier 2009

Photos des répétitions Août 2009

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mise en scène
Christine Monlezun

distribution

Maria
Loïc Varanguien de Villepin
Leïla
Nicolas Guimbard
Joséphine
Vincent Bailly
Fougère
Julie Roger-Mazas

lumières
Philippe Libier
son
Christine Monlezun
coordination
Matthieu Boisset
aide technique
Luc Moreau
construction
Matthieu Langlais
INTENTIONS DE MISE EN SCENE

Comme souvent avec Copi, avec Les quatre jumelles on est face à un texte qui n’a l’air de rien à première vue…mais qui résiste à la narration parce que plus qu’un autre dans son œuvre, c’est un texte qui n’a pas de centre, pas vraiment de début, de milieu ou de fin. C’est un texte blanc. Surtout il ne raconte pas une histoire. Si l’on s’essaie tout de même à l’exercice, cela pourrait donner : deux prétendues sœurs jumelles, Fougère et Joséphine Goldwashing, se retrouvent sans explication chez les non moins prétendues sœurs jumelles Maria et Leïla Smith. S’ensuit une cascade de situations pour le moins délirantes où les meurtres succèdent aux résurrections sur fond de cocaïne, héroïne, amphétamines à gogo, de rivières de diamants et de flingues d’opérette.
On peut s’en tenir là et s’attacher à jouer cet excès, invraisemblance, dynamitage des codes théâtraux, clins d’œil et parodies, une mécanique que le texte semble proposer immédiatement, un enchaînement de séquences à un rythme d’enfer.
Mais quoi ? C’est tout ? Et alors ? Parodier des codes, quand bien même on s’y exerce avec virtuosité, ce que de toute façon je n’aime pas trop au théâtre, même pas du tout, ne revient au final qu’à parodier des codes, à travailler cet univers de façon quasi-boulevardière, où le savoir-faire de l’acteur l’emporte.

 

Or avant tout un texte c’est une matière qui résonne et vibre en formant un entrelacs de désirs souvent inconscients entre lui et ceux qui le travaillent et puis ceux qui le regardent ensuite. Et c’est très intime comme rapport, cette résonance.
Cette question de l’exil, ce leitmotiv souterrain que je traîne et qui me traverse en profondeur, c’est ça qui m’a fait rencontrer ce texte des quatre jumelles. Et par hasard ou comme par hasard, il y a peu, je suis tombée sur cette phrase de Copi lui-même :
 » Il y a deux sortes d’exils : l’intérieur et l’extérieur. Le troisième, c’est la mort. »
Rien de plus éclairant ni de plus vrai.
Ces quatre jumelles, (les nôtres?), miroirs de nos propres exils, dépendances et dérisions, jouent, à mort même, mais à quoi, et que jouent-elles exactement et pourquoi ? C’est cet endroit du texte qui nous a intéressés, c’est ce qu’il dissimule et porte en creux qui nous a troublés. De fait, on s’aperçoit vite que ce texte a -volontairement- peu d’intérêt au sens strict. Il est comme la partie visible d’un iceberg qui se dérobe sous le pas des acteurs sur le plateau et ce faisant dévoile la bouche d’ombre qui l’éclaire de biais. La solitude et la mort. Et ça n’a rien de sinistre.

 

 

Dans son écriture même, on dirait qu’il cherche à épuiser la langue. Elle s’y révèle pauvre, répétitive, témoin d’un éternel recommencement, d’une épuisante et dérisoire répétition du même. Notre travail a consisté à  » trouer  » ce texte et à entrer dans cet invisible dont il est porteur.
Pareilles à des fantômes qui parleraient depuis le pays des morts, ces quatre jumelles ressuscitent crûment les lambeaux d’une existence débarrassée de ses oripeaux. Ce faisant elles nous invitent à la mort. Il y a beaucoup d’autodérision dans ce tragique-là, si tragique il y a à danser avec la mort. Cette puissance de Copi, cette légèreté de l’autodérision jusque et justement dans la solitude et la mort.

 

C’est cette étrange traversée que nous avons envie de dire, une rêverie hallucinée et hallucinante où des corps essaient de se laisser voir, où l’important n’est pas que quelque chose se passe mais que quelque chose passe. Ressentir plus que comprendre ce que la mort vient éclairer. Ainsi chaque jeu, ou tentative de jeu, qu’elle soit prise à bras le corps ou avortée, témoigne de cette valse hésitation avec la mort, refus ou acceptation. C’est donc à l’inverse des 30 minutes que la lecture du texte nous offre, à l’inverse de l’  » énergie  » superficielle que Les quatre Jumelles semblent dégager que nous avons choisi de présenter ce texte. C’est du vide et du silence qu’il émerge, lambeau ou flambée éphémère, cri ou soupir.

Christine Monlezun / décembre 2008
POINT DE VUE SUR LE SPECTACLE :  » Copi comme vous ne l’avez jamais vu.  »

Jusqu’ici, lorsqu’on voyait à l’affiche une pièce de Copi, on savait à quoi s’attendre. Une sorte de boulevard trash, avec rebondissements et travestis, paumés et portes qui claquent, tout ça sur un rythme d’enfer. Cette interprétation, l’utilisation des codes du théâtre bourgeois dans un monde interlope crée un effet comique, qui n’est certes pas la seule qualité du théâtre de Copi, mais qui a largement contribué à sa fortune actuelle. Christine Monlezun n’a pas cherché cet effet. Dans Les quatre Jumelles, en effet, elle étire le temps sur un plateau peuplé de sortes de fantômes qui, de temps à autre, éclatent de vitalité pour retomber dans leur langueur, qui, de temps à autre, se parlent, s’unissent, se combattent pour revenir à leur solitude première. Loin des lumières éclatantes, il règne là une sorte d’obscurité propice à toutes les déviances, toutes les transgressions. Et c’est là sans doute la clé de ce travail. Christine Monlezun n’a pas cherché à éclairer, à expliciter, ni même à montrer ces personnages, mais simplement à les faire vivre. Pour cela, elle a donné à ses interprètes une liberté totale, liberté dont ils n’ont pu se saisir qu’au bout d’un long travail, en profondeur, qui a duré plusieurs mois.

C’est qu’elle ne se livre pas si facilement, cette pièce. Pour peu qu’on veuille la débarrasser de ses habituels oripeaux, et la donner non plus à entendre, mais à éprouver, sans esbroufe et sans complaisance, elle se découvre pour ce qu’elle est : le témoignage d’une humanité certes déglinguée, certes blessée, mais encore – ô combien – vivante.

Certains pourront être agacés, d’autres trouver cela vain, d’autres encore crier à la trahison de l’auteur. Beaucoup aussi seront déstabilisés par cette lecture sur le fil. Mais si l’on se laisse immerger dans cet univers, si l’on laisse au vestiaire ses certitudes, si on ne craint ni les moments de silence, ni les temps d’immobilité, si enfin on garde simplement l’œil ouvert et l’esprit libre, on découvre quelque chose de l’essence même du théâtre : la présence, là, devant soi, d’êtres de chair et de désir, de passions et de violences.

Eric Chevance, directeur du TNT – Bordeaux

 

calendrier
résidences / répétitions :

TNT-manufacture de chaussures :
– décembre 2006
– mars 2007

résidence de création : Bordeaux
– OARA / Juin 2007
– TNT / Août 2007
– Glob Théâtre / avril 2008
– TNT / Août et Novembre 2008
– La Grange aux Granges / Octobre 2008 ( La Réole)
– Glob Théâtre / Décembre 2008 et Janvier 2009

partenaires
Compagnie Mille et un Plateaux
TNT-manufacture de chaussures – Bordeaux
Glob théâtre – Bordeaux

O.A.R.A. (office artistique de la Région Aquitaine)

I.D.D.A.C. (Institut départemental de développement artistique et culturel de la Gironde) / coproduction

Ministère de la Culture / DRAC aquitaine

La Boite à Jouer / Bordeaux

ADAMI

Contacts :
Compagnie Mille et un Plateaux / Christine Monlezun / 06 11 59 54 83 / cie-mille-et-un-plateaux@orange.fr
Compagnie Dies Irae / 06 62 29 92 95 / ciediesirae@free.fr

Les pièces de COPI sont représentées par l’agence DRAMA-SUZANNE SARQUIER 24, rue Feydeau 75002 Paris. dramaparis@dramaparis.com.
Fax 01 45 08 42 07