Manifeste

Le départ
Si la compagnie s’est « officiellement » créée en 1994 à Bordeaux, Matthieu Boisset (metteur en scène et comédien de DIES IRAE) avait commencé la mise en scène auparavant avec la Tragédie du Vengeur de Cyril Tourneur, en 1992, au château de Villandraut en Gironde. Ce rapide rappel pour dire la cohérence qui perdure dans les spectacles suivants, et la volonté de chercher dans quel cadre il est possible aujourd’hui d’écrire et de jouer « un tragique ».

En effet, DIES IRAE a poursuivi un travail de recherche qui consiste à écrire des textes à partir de matériaux textuels antiques (théâtre de Sénèque) et de l’époque de la renaissance anglaise, l’ère élisabéthaine (Tourneur, Heywood, Marlowe, Ford, Shakespeare) : Senex Blues, Le Sang de Duke, Trafic.

L’empreinte musicale
Si la musique est devenue au fil des années de plus en plus présente – c’est qu’elle est un partenaire de jeu à part entière : Avec Médée-concert, en 2006, nous avons été conduits à envisager le tragique comme un genre de l’excès et à questionner ce qui, aujourd’hui et maintenant, pouvait correspondre à un tragique : à savoir la musique rock et le concert.
Delà virage vers un autre genre ?
Non.
Le théâtre c’est un gradin : on y regarde, on y écoute on y sent : la scène.
DIES IRAE c’est tout simplement habiter la scène avec tout ce qui la constitue : ni théâtre, ni concert. Musique et texte sont inséparables. Le genre est aboli. Nous le revendiquons.

Nous avons revisité Bacchus et le rock’n roll avec Please Kill me en 2010 et très bientôt nous raconterons une errance, un voyage celui de Sam et Bob avec What Happened to Sam and Bob ?

Nous cherchons dans l’engagement musical et sonore le spectaculaire nécessaire à l’état jubilatoire des acteurs et du public pendant la représentation : il faut redonner au spectacle vivant sa dynamique « live », lui donner à voir et à entendre un temps et un espace complètement, directs, présents, vécus, sensuels, en utilisant les outils de la scène les plus primordiaux et anciens, à savoir le texte et la musique : et sans jamais oublier que nous sommes d’aujourd’hui et parlons aujourd’hui, il nous faudra sans cesse renouveler et inventer les mots et les notes :

Nous avons le droit de dire ce qui a été dit et même ce qui n’a pas été dit d’une façon qui nous appartienne, qui soit immédiate, directe, réponde aux façons de sentir actuelles, et que tout le monde comprendra.

Cependant une foule que les catastrophes de chemins de fer font trembler, qui connaît les tremblements de terre, la peste, la révolution, la guerre; qui est sensible aux affres désordonnées de l’amour, peut atteindre à toutes ces hautes notions et ne demande qu’à en prendre conscience, mais à condition qu’on sache lui parler son propre langage, et que la notion de ces choses ne lui arrive pas à travers des habits et une parole frelatée, qui appartiennent à des époques mortes et qu’on ne recommencera jamais plus.

Si la foule ne vient pas aux chefs–d’œuvre littéraires c’est que ces chefs–d’œuvre sont littéraires, c’est–à–dire fixés; et fixés en des formes qui ne répondent plus aux besoins du temps.
En finir avec les chefs–d’œuvre (fin 1933)
Antonin Artaud

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Matthieu Boisset / Parcours